Valeurs Boulangeres



Mot de passe oublié ?


 

L'enquête

La distribution alternative alimentaire

Mis en ligne le 06 octobre 2010

Un nouvel eldorado pour les industriels ?


Xerfi vient de publier une étude approfondie, après plusieurs semaines d’enquêtes et d’analyses, sous le titre « Les IAA face aux circuits de distribution alternatifs. Distribution automatique, cinéma, stations‐services, parcs d’attractions... : quels relais de croissance ? ». Retour sur les principaux enseignements de cette enquête.

C’est dans un contexte encore difficile que les industries agroalimentaires (IAA) vont évoluer jusqu’en 2012. Faute de reprise économique significative, la consommation alimentaire des ménages restera sous tension : elle progressera sur un rythme annuel moyen inférieur à 1 % en volume. Les consommateurs continueront de jouer la carte des MDD (marques de distributeurs) et d’arbitrer entre les différents circuits de distribution (hypers, supermarchés, discounters, commerces de proximité). Au final, les pressions exercées par les centrales d’achats des GMS (grandes et moyennes surfaces) sur les industriels agroalimentaires seront fortes : les performances économiques et financières des IAA resteront par conséquent en deçà de celles du début de la décennie. 
Les industriels agroalimentaires vont devoir multiplier les offensives pour développer de nouveaux marchés. Aux côtés du débouché majeur de la GMS, globalement en panne de croissance, les professionnels de l’agroalimentaire auront également à composer avec un segment de la restauration hors domicile qui manquera de souffle. Du côté de la restauration commerciale, une hausse de « seulement » 2 % en volume du chiffre d’affaires est prévue pour 2011, tandis que les marchés d’exportation seront de plus en plus disputés.

Un marché estimé à environ 10 milliards d’euros
La distribution automatique, les stations‐service ou encore les salles de cinéma et parcs d’attractions constituent de vrais relais de croissance pour les industriels de l’agroalimentaire. Dans un contexte de consommation alimentaire atone et compte tenu d’un rapport de forces défavorable avec la grande distribution alimentaire, les acteurs de l’IAA ont en effet tout intérêt à explorer des pistes distinctes de l’hypermarché et de la restauration hors foyer. La petite dizaine de « marchés » que Xerfi Research qualifie d’alternatifs génère près de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires en vente de produits alimentaires. 
Cet ensemble inclut produits bruts et transformés, mais la part des produits transformés est largement majoritaire pour l’essentiel des secteurs. Ce chiffre global intègre en outre les marges des différents opérateurs, ce qui réduit d’autant le volume d’affaires véritable des IAA sur ces marchés. Au final, on peut néanmoins estimer à plus de 5 milliards d’euros l’activité des industries alimentaires sur ces secteurs. À noter en outre que ne sont pas incluses ici les ventes de farines aux boulangers, et de viandes brutes aux bouchers. En résumé, le marché « alternatif » est loin d’être négligeable.



Par Sandra Minette / Photo eurofours

Le groupe Xerfi

Le groupe Xerfi est en France le leader des études économiques sectorielles. Il présente le plus grand catalogue de travaux sur la France et l’international. Éditeur indépendant, il apporte à ses clients par son exper­tise professionnelle, sa liberté éditoriale, son ouverture intellectuelle, l’accès rapide, fiable, clair, à la connaissance actualisée des évolutions sectorielles, des stratégies des acteurs économiques et de leur environnement.
Plus d’informations sur www.xerfi.fr

Imprimer cet article Envoyer à un ami



L'EDITO

  • Taille et management

    La taille n’est pas tout. Dans une entreprise compte tout autant la gouvernance, son volontarisme et sa réactivité. Une part du regroupement de Champagne Céréales et Nouricia, sous le nouveau nom de Vivescia, tient sans doute aussi à cela. Avec un actionnariat regroupé, le nouvel ensemble a sans doute les moyens d’être plus offensif dans la filière céréales-farine-boulangerie-pâtisserie-viennoiserie. Avec la hausse persistante des matières premières, ce secteur a de fortes chances d’être en réorganisation. Déjà, une entreprise comme le néerlandais CSM annonce qu’elle veut céder une partie  de ses activités spécialisées dans les ingrédients et produits destinés aux boulangeries. Cette entreprise, « Bakery Supplies » réalise pas moins de 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le nouveau groupe Vivescia peut-il être de ceux qui sont intéressés par de telles entreprises, de tels produits à valeur ajoutée ?
    Reste que, derrière ce mastodonte, il y a les autres. Les entreprises moyennes qui doivent elles aussi investir dans la croissance rentable. Et il y a l’international. Les produits céréaliers sont des produits mondiaux.
    Le croissant n’est pas que français. On se prend à rêver que des groupes de l’Hexagone soient présents à travers la planète et pas seulement pour vendre des céréales brutes. Là encore, c’est autant une question de management que de taille. Les entreprises françaises, en général, souffrent d’un manque d’emploi de cadres et de gestionnaires venus d’autres pays du monde. C’est encore plus vrai en agroalimentaire. Or, il n’y aura pas d’internationalisation sans que les équipes viennent apporter des expériences d’autres régions. C’est vrai des groupes coopératifs comme des groupes privés.
    ...

Valeurs Boulangères

Accéder à nos archives
en version feuilletable